Restauration du Monastère (1817)

Notice sur Mr l’abbé Meunier (suite)

Nous avons dit comment ce digne ecclésiastique est entré en France, où il fut, lors du rétablissement du culte, nommé premier Vicaire de la Paroisse Notre Dame, première de cette ville ; sa charité et son zèle étaient si bien connus que, lorsqu’il y avait des commissions pénibles auprès de quelque malheureux pécheur, on se plaisait à l’en charger. Son amour pour le prochain n’avait point de bornes : il se dépouillait pour les pauvres de tout ce qu’il pouvait ; il donnait quelquefois plus de cent francs pour remonter leur ménage, acheter des outils aux ouvriers, etc. Son après-midi était employée à la visite des malades, et à 4h il se rendait exactement à son confessionnal.

Toujours uni à Dieu, ce digne Ecclésiastique rendait son oraison continuelle ; aussi après les exercices de son ministère presque tout son temps était employé à ce st exercice. Une vie si fervente fut récompensée par ce grand Dieu qui ne se laisse pas vaincre en générosité. Il était quelquefois si pénétré de la Présence de la Majesté divine dans son Oraison, qu’un saint tremblement s’emparait de lui et devenait tellement fort dans ces précieux moments, que plusieurs fois sa calotte tomba sans qu’il s’en aperçût, tant il était absorbé en Dieu. Deux fois on le vit resplendissant lorsqu’il faisait le catéchisme à la Paroisse, ce qui fut remarqué avec admiration par les Assistants.

Son extérieur grave et modeste inspirait le respect, cependant son humilité était profonde, toutefois mieux sentie dans l’intérieur que la dignité de son caractère ne lui permettait de l’exprimer à l’extérieur, quoiqu’on pût toujours remarquer que cette vertu régnait dans son âme. Elle se joignait à la douceur pour le rendre un vrai imitateur de son divin Maître, pour l’amour duquel il avait tellement réprimé les défauts opposés, que des personnes qui l’ont fréquenté longtemps ne lui ont jamais vu un seul moment de vivacité.

Son esprit de la pénitence lui a fait pratiquer de grandes mortifications corporelles : outre la discipline qui lui était habituelle, il faisait usage du cilice et portait tous les vendredis une ceinture de fer très large et fort meurtrière.